Ricoh Industrie France : un atelier batch de 100 cuves basculé en 48 heures
Retrofit d’un atelier de préparation chimique avec oXalis
En bref
Client : Ricoh Industrie France, fabricant de papiers thermiques – Wettolsheim (Haut-Rhin)
Installation : une centaine de cuves, dont une trentaine de formulation, 7 000 entrées/sorties, 60 000 variables de supervision
Projet : migration des automates TSX57 vers Modicon M580 et passage de BatchPro à oXalis
Bascule : fin 2019, en 48 heures, installation opérationnelle en 72 heures, sur un arrêt de deux semaines
Le contexte : un atelier qui devait doubler sa capacité
Ricoh Industrie France, filiale du groupe japonais Ricoh, fabrique des papiers thermiques sur son site de Wettolsheim, près de Colmar. Les couches chimiques qui recouvrent le papier sont préparées dans un atelier dédié, puis envoyées vers les coucheuses. Avec l’installation d’une nouvelle ligne de production en parallèle de l’existante, les besoins en couches chimiques ont doublé. La modernisation de l’atelier de préparation devenait inévitable.
Les contraintes étaient fortes. L’arrêt de production ne devait pas dépasser deux semaines, pour ne pas pénaliser les capacités du groupe. Et de nouvelles lignes de préparation devaient être programmées pour alimenter la nouvelle coucheuse.
La solution : M580 et oXalis, sur mesure
Ricoh a confié ce projet à Decobecq Automatismes, présent sur le site depuis son ouverture. Les automates TSX57 ont été migrés vers des Modicon M580, et BatchPro a été remplacé par oXalis, son successeur. Nous avons profité de ce retrofit pour aller plus loin dans l’automatisation : suppression des introductions manuelles de produits chimiques et des documents papier de suivi des lots, pour la trentaine de cuves de formulation. oXalis a été adapté pour gérer la traçabilité, les échanges avec l’ERP, les contrôles qualité du laboratoire et l’historique des fabrications. « Même si le process est complexe, l’interface doit être intuitive et basique », résume Nicolas Magnien, chef de projets chez Decobecq Automatismes.
Dosage et dispersion de poudres en ligne
La particularité du process est d’introduire des poudres dans des liquides, en contrôlant la part sèche de chaque produit selon la formulation. Avec la hausse des cadences, une simple introduction par vis ou par sac ne suffisait plus : le dosage avec disperseurs a été automatisé.
Microdosage par dépesage
Les additifs, autrefois introduits à la main, sont désormais dosés par une vingtaine de systèmes de dépesage automatisés. Trois opérateurs pilotent la centaine de cuves depuis la salle de contrôle.
Zéro papier
L’atelier est entièrement informatisé. Des liens logiciels relient l’ERP, la production et les services supports du site : achats, maintenance, R&D.
L’usine sans papier était une vraie chimère depuis bien longtemps, mais elle est bien réelle maintenant ! Toutes les actions de production, les consommations et les historiques des ordres de fabrication sont stockés sous forme numérique : c’est une vraie avancée pour le diagnostic et la gestion de production.
Nicolas Magnien, chef de projets, en charge du développement d’oXalis, Decobecq Automatismes
La bascule : 48 heures pour basculer, 72 heures pour redémarrer
Le projet a demandé 18 mois de préparation, avec des tests sur plateforme pour que tout soit validé avant l’arrêt. Ricoh avait prévu deux semaines d’arrêt. La première semaine était consacrée aux autres travaux du site. La seconde, nos équipes ont travaillé jour et nuit : en 48 heures, l’ensemble de la partie automatisme et supervision était basculé. Les premières recettes ont ensuite été lancées en mode lent, le temps d’ajuster les paramètres de dosage, notamment l’erreur de jetée et le passage en petite vitesse. Au bout de 72 heures, l’installation était opérationnelle et les cuves remplies pour le redémarrage, avant la fin du délai prévu.
Une relation depuis 1992
Ce projet s’inscrit dans une longue histoire. Philippe Decobecq a participé à la mise en service de l’atelier dès son ouverture en 1992, alors chez Cellier, sur des automates TSX série 7. En 2005, Decobecq Automatismes a repris le système, installé BatchPro et migré les automates vers des TSX57. En 2018, Ricoh a commandé la migration vers M580 et oXalis. Ricoh nous confie depuis l’ensemble de ses projets d’automatisation de l’atelier de préparation des couches.
Dans la presse
Ce projet a fait l’objet de deux articles : L’Usine Nouvelle (novembre 2020) et Infovrac (novembre 2022).